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Le dialogue social dans l’industrie métallurgique en Europe

À une époque dominée par les technologies de l’information et de la communication, le secteur métallurgique, qui occupa dans les années 1970 l’avant de la scène des relations professionnelles, semble avoir été relégué au second plan de la vie sociopolitique.

Bien qu’il traverse actuellement une phase de restructuration complexe, il constitue toutefois encore un des maillons les plus importants de l’industrie européenne, qui compte des milliers de sociétés et des millions de travailleurs.

La mondialisation, la mobilité, la protection sociale, la sécurité au travail, le chômage et d’autres facteurs tels que l’élargissement de l’Union européenne (UE) imposent de nouveaux défis aux entreprises et travailleurs de ce secteur, en particulier dans les nouveaux États membres et les pays candidats. Le renforcement du dialogue social pourrait aider les organisations de travailleurs et d’employeurs à composer avec la profonde transformation que vit le secteur.

Conscientes du défi commun qu’elles doivent relever et reconnaissant en particulier la pénurie de compétences des deux côtés, les deux principales associations européennes d’employeurs et de travailleurs - le CEEMET1 (Conseil des industries de la métallurgie, de l’ingénierie et des hautes technologies) et la FEM2  (Fédération européenne des métallurgistes), établirent en 2006 à Bruxelles un groupe de travail permanent chargé de discuter de la compétitivité et de l’emploi, de l’éducation et de la formation au cours des deux années à venir.

En 2007, la FEM et le CEEMET décidèrent
d'instituer au organe permanent de dialogue social ayant pour mission de contribuer à la création et l'entretien d'un environnement assurant un secteur manufacturier compétitif et capable de proposer des emplois durables et de qualité élevée. L'adaptation de la main-d’œuvre et des entreprises aux défis découlant de la mondialisation et de la nécessité d’assimiler des évolutions technologiques et organisationnelles sans cesse plus rapides revêt une importance cruciale dans ce contexte.

Entre-temps, la Commission européenne a proposé une recommandation du Parlement européen et du Conseil sur l’établissement d’un cadre européen de certifications professionnelles pour la formation tout au long de la vie.

Le Centre international de formation de l’OIT s’est vu octroyer un rôle essentiel, à savoir la conception et la gestion de deux projets parallèles financés par l’UE, visant à renforcer les organisations de travailleurs et d’employeurs du secteur métallurgique dans les nouveaux États membres et dans les pays candidats en promouvant le dialogue social aux niveaux national et européen.

Le Programme des activités pour les travailleurs du Centre, en partenariat avec la FEM, s’adresse donc aux syndicats de métallurgistes des nouveaux États membres et des pays candidats. Un premier atelier de formation des formateurs a eu lieu à Turin du 18 au 22 février et a réuni 23 syndicalistes originaires de Bulgarie, de Chypre, de Croatie, de Hongrie, de Malte, de Pologne, de République tchèque, de l'ex-République yougoslave de Macédoine, de Roumanie, de Slovaquie, de Slovénie et de Turquie. Il sera suivi par cinq activités sous-régionales, une conférence européenne sur le dialogue social et une conférence de suivi en ligne.

Le projet aidera les syndicats de métallurgistes à acquérir le savoir-faire et l’expérience nécessaires au dialogue social national et européen. Il tiendra également compte des besoins organisationnels, structurels, financiers et professionnels des syndicats en matière d’expertise, en mettant l’accent sur la négociation, la coordination des activités et la représentation fructueuse des travailleurs à tous les niveaux.

De son côté, le Programme des activités pour les employeurs se charge de fournir aux organisations d’employeurs de la métallurgie les outils et compétences modernes susceptibles d’attirer plus de membres et d’assurer un meilleur service aux affiliés, et ce afin de promouvoir les intérêts des entreprises de ce secteur par le biais d’un dialogue social effectif. Un premier atelier s'est déroulé à Turin du 25 au 29 février et a permis à 18 cadres supérieurs d’organisations d’employeurs de la métallurgie de Bulgarie, Croatie, Estonie, Lituanie, Pologne et Slovénie d’échanger leurs vues avec leurs pairs allemands, belges et britanniques.


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1 Le CEEMET regroupe les organisations d'employeurs des industries de la métallurgie, de l'ingénierie et des hautes technologies de 19 pays européens, et place un accent particulier sur les enjeux de politique sociale. Les organisations affiliées représentent actuellement quelque 200 000 sociétés employant environ 12 millions de personnes.

2 La FEM réunit 69 syndicats de métallurgistes de 32 pays, qui représentent un total de 6,5 millions d’affiliés. Elle agit au nom des syndicats des métallurgistes de tous les États membres de l’Union européenne et d’autres pays européens.

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