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Qu’en pensent nos participants? Réflexion sur le secteur public et la migration

actualités - 28/07/2014

Entretien avec M. Tojiddin JURAZODA, coordonnateur de projet, groupe de coordination de projets rattaché au Cabinet du Président du Tadjikistan, renforcement du suivi et de l’évaluation axés sur les résultats pour une gestion plus efficace de la migration.

Pourriez-vous nous en dire davantage sur la portée de vos travaux notamment en ce qui concerne la réforme du secteur public?

Depuis 2003, je participe au processus de réforme de la fonction publique au Tadjikistan. Depuis 2007, je suis responsable du groupe de coordination de projets du Cabinet du Président (PCG) dont l’objectif est de mettre en œuvre le programme de réforme de l’administration publique du gouvernement. Il s’agit d’un vaste programme de réforme pour mon pays qui couvre notamment le renforcement des capacités institutionnelles des ministères et des organismes gouvernementaux, la gestion des finances publiques, la gestion réglementaire, les initiatives en matière de gouvernement électronique et les réformes au niveau de l’administration locale. Mon équipe a pour mission d’aider les institutions gouvernementales à appliquer les dispositions de la stratégie de réforme de l’administration publique au Tadjikistan. En tenant compte des meilleures pratiques internationales, nous réalisons des analyses fonctionnelles, effectuons un examen systématique, organisons des ateliers, des activités de formation et des tournées d’étude pour les fonctionnaires avec le soutien technique de la Banque mondiale et du PNUD.

Actuellement, nous aidons le Service de migration du ministère du Travail, des Migrations et de l’Emploi dans le développement et le renforcement de ses capacités en matière de suivi et d’évaluation des politiques migratoires ainsi que dans l’amélioration de la planification nationale et de la prise de décisions en matière de gestion de la migration de la main-d’œuvre. Nous participons également à l’élaboration d’un concept national de réforme de l’administration locale comme un domaine essentiel de la réforme globale de l’administration publique. En outre, nous continuons d’appuyer le Cabinet du Président nouvellement restructuré pour qu’il devienne un vrai centre de coordination des politiques au Tadjikistan, ce qui constitue une priorité de premier ordre dans cette période de transition.

 

Quels sont les aspects qui nécessitent plus particulièrement votre attention?

La fonction publique est un élément moteur de la réforme et il importe de prêter une attention particulière au renforcement des capacités des fonctionnaires à travers le développement de techniques modernes de gestion des ressources humaines. Je voudrais souligner ici l’importance d’intégrer les meilleures pratiques en matière de procédures de sélection concurrentielles, d’évaluation des performances et des mécanismes d’attraction et de rétention du personnel étant donné les modalités et les programmes de formation internationaux avancés. Il est également important d’améliorer la qualité des services publics fournis. De façon générale, je pourrais parler de « bonne gouvernance » puisque toutes ces questions sont liées à la gestion des institutions économiques et du secteur public, y compris la transparence et la responsabilité, la réforme de la réglementation, les compétences du secteur public et le fait qu’il soit à l’avant-garde.

 

En tant que coordonnateur de projet, quel était votre objectif en participant à ce programme de formation au Centre de Turin?

Apprendre les meilleures pratiques internationales en matière de modernisation du secteur public. Le Centre de Turin est connu dans mon pays puisque nombre de Tadjiks ont participé à diverses activités de formation. J’avais donc déjà une idée du Centre. Un autre élément important est cet échange de points de vue et d’expériences entre les participants qui viennent de pays différents.

 

Et quels objectifs institutionnels visiez-vous en participant aux activités de formation?

Récemment, dans le cadre de la stratégie de réforme de l’administration publique, nous avons notablement restructuré le Cabinet exécutif du Président et les ministères.

L’objectif principal de cette restructuration était de développer un système de coordination nationale des politiques en appliquant les meilleures pratiques internationales. Ainsi, le but était de participer au cours pour pouvoir découvrir de nouvelles méthodes et des solutions adéquates pour mener à bien les initiatives visant à réformer le secteur public dans mon pays.

 

Comment avez-vous entendu parler de ce cours?

Nous recevons régulièrement des messages du Centre de formation international de l’OIT dans nos boîtes de courrier électronique.

 

Pouvez-vous faire part aux lecteurs de votre expérience au Centre?

J’ai beaucoup apprécié la manière dont les cours étaient organisés. L’équipe hautement qualifiée du Centre a fourni de gros efforts pour concevoir un programme de formation extrêmement intéressant en invitant des experts qui sont venus partager leurs connaissances sur les questions liées à la modernisation et au renouveau du secteur public. Les modules de formation ont été élaborés de façon à donner un maximum d’informations dans un temps limité. La présentation d’études de cas constituait un autre atout. D’un autre côté, le groupe de participants a aussi apporté sa contribution au contenu du cours puisque ceux-ci ont partagé leurs points de vue et les expériences de leur propre pays. À travers cet échange de connaissances et d’expériences, nous avons acquis une bonne expérience pratique que nous appliquons maintenant au sein de nos organisations.

 

Selon vous, en quoi ce programme de formation contribue à la réforme du secteur public dans votre pays?

Dans le cadre de la stratégie de réforme et du développement du pays, nous avons élaboré nos propres tactiques pour atteindre notre objectif. Le cours m’a permis d’amener la preuve que nous étions sur la bonne voie puisque nous nous conformons aux normes internationales dans l’élaboration d’un système institutionnel stable et dans le combat des problèmes majeurs de gouvernance qui limitent les perspectives de développement économique et social à moyen et long terme du Tadjikistan.

 

Est-ce que vous pensez que vous avez acquis une meilleure compréhension et de nouvelles idées sur la question?

J’en suis convaincu.

 

Que comptez-vous faire maintenant dans votre pays? Est-ce que ce cours vous a apporté un éclairage supplémentaire et des pistes d’action?

Comme prévu, je vais tout d’abord présenter la tournée d’étude en soulignant les points importants et en émettant des recommandations pour faire progresser les initiatives visant à réformer l’administration publique. J’ai l’intention de mettre l’accent sur une série de questions cruciales qui doivent être abordées lors du processus, notamment celle de l’établissement d’un système national de suivi et d’évaluation avec un tableau précis d’indicateurs de performance. Un autre point important est l’analyse en profondeur et l’actualisation du système de gestion des ressources humaines dans la fonction publique. Notre priorité sera d’assurer la cohérence des actions afin d’assurer, tout au long du processus, une approche systématique.

 

Quel impact le programme de formation aura-t-il sur votre travail?

De nouvelles idées et une expérience pratique permettent toujours de faire avancer les choses. En l’occurrence, le cours m’a encouragé à progresser encore plus rapidement et à garder mon enthousiasme.

 

Y a-t-il un message que vous aimeriez faire passer?

Je voudrais sincèrement remercier la direction du Centre pour son accueil chaleureux et pour l’opportunité de formation. Je voudrais également remercier l’équipe qui s’occupe de la mise en œuvre des activités de formation et des tâches administratives pour les efforts qu’elle a déployés pour rendre ce cours si intéressant. J’espère que nous aurons très vite encore l’occasion de collaborer.