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Lutte contre la traite d’êtres humains: de la compréhension à l’action

actualités - 03/04/2009

« Un crime qui jette l’opprobre sur chacun de nous », « une forme d’esclavage moderne », « une épidémie d’esclavage sexuel », etc.: la traite des êtres humains fait régulièrement les gros titres des journaux. Mais que sait-on réellement de ce fléau mondial? Comment les gouvernements et institutions peuvent-ils encourager, au-delà des simples campagnes de sensibilisation, un changement véritable et durable de l’opinion et des réactions vis-à-vis de la traite des êtres humains? Comment inciter les citoyens à franchir les pas qui séparent la sensibilisation de la compréhension et celle-ci du refus et de la dénonciation?

Ces questions se posent dans la plupart des pays du monde parce que presque tous sont, d’une manière ou d’une autre, touchés par ce crime horrible, dont les effets sont certes tangibles mais qui reste difficile à détecter.

 En Afrique du Sud, les fonctionnaires gouvernementaux reconnaissent que la législation actuelle est inadaptée et qu’il n’y a pas d’initiatives dans le sens de l’établissement d’une base légale plus solide. Sous de nombreux aspects, le pays est toutefois en première ligne de la lutte contre la traite des êtres humains. Son engagement, coordonné par l’Autorité nationale de répression (National Prosecuting Authority, NPA) se traduit par la collaboration avec de nombreuses organisations internationales telles que l’OIT, l’ONUDC, l’UNICEF, l’OIM ou l’UNESCO, ainsi qu’avec des institutions de recherche nationales comme le Comité de recherche en sciences humaines (Human Sciences Research Council, HSRC) et l’Université d’Afrique du Sud (UNISA), et est récompensé par le soutien financier et les conseils de la Commission européenne.

Cette coalition de bonnes volontés a débouché sur la mise au point d’un plan d’action national sur la lutte contre la traite des êtres humains et sur le lancement de la campagne « Tsireledzani! » (« Protégez! »), dont l’objectif premier consiste à concevoir un projet général en matière de prévention et de protection des citoyens sud-africains contre cette inacceptable violation de leurs droits humains.

 

Le plan d’action repose sur quatre piliers: recherche, aide aux victimes, développement des capacités et sensibilisation. Cette quatrième composante a été confiée au Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail, qui a mis au point le projet SHARP (South Africa Human Trafficking: Aware and Assess; Respond and Report; Prevent and Protect, « Traite des êtres humains en Afrique du Sud: sensibilisation et évaluation; réponse et dénonciation; prévention et protection »). En collaboration avec le PAN et les autres acteurs locaux, le projet SHARP développera et testera toute une série de messages de sensibilisation destinés aux groupes cibles et aux régions du pays les plus touchées par la traite. Le but est non seulement d’avoir un impact immédiat sur les attitudes et la dénonciation des actes de traite d’êtres humains au sein de ces groupes et dans ces régions, mais aussi de créer un modèle durable de promotion d’un changement de comportement susceptible d’être adapté et reproduit ailleurs dans le pays.

L’OIT s’appuiera également sur les capacités de ses mandants - organisations de travailleurs et d’employeurs - à jouer un rôle central dans l’approche de ce problème si étroitement lié au monde du travail. En fin de compte, les partenaires sociaux ne peuvent d’ailleurs que tirer profit d’un marché du travail qui ne soit pas entaché par l’exploitation de la main-d’œuvre.