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Rumbidzai Katsande

Spécialiste en gestion des ressources humaines et questions de travail, secrétaire générale du Conseil national de l’emploi de la Harare Municipal Undertaking du ministère zimbabwéen du Travail et participante au cours « Strengthening and Re-engineering Labour Administration and Labour Inspection » organisé à Turin du 10 au 21 novembre 2014

 

Pouvez-vous dire quelques mots à nos lecteurs sur le rôle du Conseil national de l’emploi, et sur le vôtre en particulier?

Le Conseil national de l’emploi de la Harare Municipal Undertaking promeut la justice sociale et la démocratie sur le lieu de travail en:

  • donnant effet aux droits fondamentaux des travailleurs établis dans les normes de l’OIT ratifiées et entérinées dans la Constitution et transposées dans la législation nationale;
  • établissant un cadre légal dans lequel les travailleurs et les employeurs peuvent négocier collectivement au sujet de l’amélioration des conditions d’emploi;
  • promouvant des normes du travail équitables;
  • favorisant la participation des travailleurs aux décisions qui affectent leurs intérêts sur le lieu de travail;
  • mettant en œuvre les dispositions légales, c’est-à-dire en assurant la résolution juste, efficace et rapide des litiges et en éliminant les pratiques sociales néfastes.

 

Mon rôle en tant que secrétaire générale consiste à apporter un soutien technique et à fournir des conseils aux employeurs, aux travailleurs et à leurs organisations respectives. Je participe à la préparation, à la coordination et à l’examen des politiques socioprofessionnelles. Je suis chargée de la gestion des systèmes d’inspection du travail et de résolution des litiges. J’étudie et recommande les changements politiques et les stratégies relatives aux opérations et aux structures organisationnelles. Je suis également responsable de la coordination des activités de développement des capacités. 

 

Qu’est-ce que la justice sociale pour vous?

La justice sociale, c’est promouvoir un lieu de travail libre de toute injustice et valorisant la diversité. Nous le faisons en donnant effet aux principes et droits fondamentaux des travailleurs, tels que la liberté syndicale et la négociation collective, l’adhésion à un syndicat et la formation de comités de travailleurs, l’interdiction du travail forcé et du travail des enfants, la protection des travailleurs contre la discrimination, la protection de leur droit à des conditions de travail justes et de la démocratie sur le lieu de travail.

 

Comment concevez-vous vos campagnes et programmes? Qui a son mot à dire sur la forme qu’ils doivent prendre et la manière dont ils doivent être mis en place?

Selon la procédure, je rapporte au conseil d’administration après avoir analysé les données reçues des différentes inspections. Mon rapport se base sur l’analyse de la tendance, de la nature des cas et litiges traités, des interventions réalisées et des évaluations des besoins. Je formule des recommandations sur les campagnes et programmes et sur la manière dont il convient de les appliquer pour atteindre les objectifs identifiés grâce à l’évaluation des besoins. Ensuite, le comité de la recherche, de la publicité,  de la formation et des manifestations adopte ces recommandations. Les campagnes et programmes sont alors intégrés dans le budget que le comité des finances établit pour l’allocation des ressources. Le budget est dressé en même temps que le plan stratégique annuel de l’organisation.  Je prends ensuite toutes les décisions administratives et gestionnelles quant à la conception et la facilitation de ces programmes. Cela inclut un rapport sur la mise en œuvre et l’évaluation des campagnes et programmes pour le conseil d’administration.

Par exemple, nous avons lancé des campagnes et programmes sur la sécurité et la santé au travail, qui englobent une composante de formation pour les représentants des travailleurs, les dirigeants et les conseillers. La formation a été délivrée en collaboration avec la NSSA, l’autorité spécialisée pour les questions relatives à la SST.

D’autres campagnes ont porté sur la formation des comités de discipline sur les codes de conduite, sur la formation des représentants de la direction et des travailleurs sur les questions liées au travail, sur la formation des représentants des employeurs et des travailleurs sur la négociation collective et le rôle des institutions du marché du travail actives à Harare comme le Conseil national de l’emploi ou le Conseil central du travail, ou encore sur la sensibilisation aux droits des travailleurs.

 

Quelles sont les autres organisations qui poursuivent les mêmes objectifs?

L’Organisation internationale du Travail, évidemment. Et au niveau national, d’autres conseils de l’emploi compétents pour divers secteurs et jouissant de l’appui du ministère du Travail, de la Fonction publique et des Services sociaux.

Quels bénéfices pensez-vous tirer de votre participation au cours du Centre?

Le cours nous a fourni de nombreuses informations sur l’administration du travail et l’inspection du travail. J’ai appris beaucoup de choses sur la nécessité de renforcer et de réaménager notre système national en la matière. Mon rapport servira de guide pour les partenaires sociaux sur le dialogue social et la formulation d’une politique d’inspection du travail négociée collectivement qui complétera la législation nationale. Cette politique devra insister sur le comportement éthique des travailleurs et des employeurs, spécifier les pouvoirs d’enquête des inspecteurs et fixer les sanctions infligées en cas de défaut. À mes yeux, cela renforcer l’inspection sociale à Harare.

Il faut aussi revoir la réglementation au niveau national afin de renforcer l’inspection du travail et de la rendre indépendante des partenaires sociaux en ce qui concerne les contrats et les aspects économiques. Les études de cas sur les inspections du travail au Brésil, en Italie et au Royaume-Uni nous en ont appris plus sur la structure de l’inspection du travail sur le plan de la SST et de l’administration du travail. J’ai l’intention de rédiger un document à l’intention du ministère du Travail.

Le cours a également abordé les normes internationales du travail et le rôle de l’administration dans le contexte de la réforme du travail, des ressources, de l’organisation et du flux de travail, de la gestion et de la fixation des objectifs pour l’administration du travail.

Je m’en voudrais de ne pas parler en particulier de la présentation de Luisa Guimaraes sur le rôle de l’administration du travail dans le domaine de la protection sociale. Cette présentation m’a passionnée et donné envie d’accélérer l’adoption de l’acte de fiducie pour les fonctionnaires municipaux de Harare, qui était en cours de finalisation au moment de ma participation au cours.

Toutes les présentations étaient toutefois pertinentes, et il s’agit maintenant de transposer les concepts étudiés dans les systèmes organisationnels de mon pays.


Rumbidzai Katsande
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